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CCAM : les anesthésistes brandissent
la menace du déconventionnement
Sandra Boutin (17 mai)
L´Association des anesthésiologistes libéraux (AAL), emmenée par son président, Jean-Paul Camou, est prête au déconventionnement de masse, par bassin de vie, si les revendications des praticiens ne sont pas prises en compte. La classification commune des actes techniques, mise en place fin mars, n´est pas adaptée à l´exercice des anesthésistes, dénoncent-ils. Selon le Dr. Camou, leurs revenus diminueraient d´environ 30 %.
Sans mettre en cause la nomenclature en elle-même, le président de l´association explique que là où le bât blesse, c´est que, alors que d´usage, les anesthésistes travaillaient sur deux patients à la fois, la CCAM les contraint désormais à travailler « en monosite » pour un tiers de leur activité. Du coup, demande Jean-Paul Camou, dans ces cas-là, « que fait-on de notre infirmière ? Elle nous regarde faire l´anesthésie ou bien c´est elle qui la fait et nous la regardons ? ». Dans un cas comme dans l´autre, la rentabilité de l´activité sera pour le moins amoindrie. Un peu amer, il estime en outre que du coup, se posera aussi le problème de l´adéquation de l´offre et de la demande : la demande restera constante, voire augmentera, alors que les anesthésistes ne pourront plus réaliser deux actes à la fois. Ne serait-ce que pour cette raison, dans bien des établissements, « le passage en monosite ne pourra pas se faire immédiatement ».
Pour toutes ces raisons, les anesthésistes menacent
de se déconventionner. Symboliquement, les praticiens de Toulouse ont
dégainé les premiers, en déposant chez un huissier de justice
une cinquantaine de demandes de déconventionnement. Si aucune réponse
ne devait leur être apportée d´ici la fin du mois de juin,
les anesthésistes membres de l´association - ils sont 500, aux
dires de leur président – seraient déconventionnés
au 1er juillet.