| Sandra Boutin |
L´ambiance, la semaine
passée, à Camber Sands, dans le Sussex, était du genre «
monacale ». « C´est vrai, l´endroit était peu festif,
raconte Philippe Cuq, porte-parole des Chirurgiens de France,
mais si nous étions allés au Hilton, on nous aurait taxés
d´être allés nous amuser ». Or, qu´on se le dise : si les
chirurgiens avaient mis les voiles direction l´Angleterre,
c´était bel et bien pour travailler. Et c´est ce qu´ils ont
fait. « On en tire un bilan très positif », rapporte
Xavier Gouyou-Beauchamps, de Chirurgiens de France : « les
gens qui sont venus étaient très motivés. Ce sont des
personnes qui ne se rencontrent jamais. Et pour cause : il n´y
a pas de culture syndicale chez les chirurgiens et rares sont
les occasions de se rencontrer. On a pu échanger comme jamais
on ne l´avait fait ».
Dénonçant la non application
des accords signés par Philippe Douste-Blazy en août dernier,
les chirurgiens se sont aussi beaucoup intéressés, au fil de
la semaine, à la classification commune des actes qui comporte
selon eux des erreurs en leur défaveur. Ainsi, demandent-ils,
de la même façon que Jacques Domergue, président du Conseil
national de la chirurgie et député UMP de l´Hérault, à ce
qu´un moratoire sur la CCAM soit mis en place pour les
chirurgiens, jusqu´à ce que les modalités soient jugées
satisfaisantes par tous. « Certaines spécialités, comme les
radiologues, bénéficient d´un moratoire. Pourquoi pas nous ?
», demande Xavier Gouyou-Beauchamps. Selon lui, « le
point de charge* des chirurgiens est un des plus bas. Les
gastro-entérologues ont un point de charge supérieur au nôtre,
sans qu´il y ait de raison à cela ».
Sûrs de leur
argumentation, les chirurgiens doivent présenter dans les
jours à venir une comparaison des actes qu´ils ont effectués
ces dernières semaines, répertoriés en NGAP et en CCAM, de
façon à montrer que contrairement à ce que les signataires de
la convention continuent d´affirmer, la classification commune
des actes ne leur permet pas de voir leur travail revalorisé.
Et Xavier Gouyou-Beauchamps d´ironiser : « la NGAP est une
vieille guimbarde un peu bricolée mais qui tourne encore. La
CCAM est une Ferrari mais avec un mauvais moteur. Quand vous
ouvrez la porte, elle vous reste dans les mains
».
* Dans la CCAM, les actes sont classés en
fonction de deux composantes : le point travail et le point de
charges. | |