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Lundi 16 Mai 2005
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Les chirurgiens demandent un moratoire sur la CCAM
Sandra Boutin

L´ambiance, la semaine passée, à Camber Sands, dans le Sussex, était du genre « monacale ». « C´est vrai, l´endroit était peu festif, raconte Philippe Cuq, porte-parole des Chirurgiens de France, mais si nous étions allés au Hilton, on nous aurait taxés d´être allés nous amuser ». Or, qu´on se le dise : si les chirurgiens avaient mis les voiles direction l´Angleterre, c´était bel et bien pour travailler. Et c´est ce qu´ils ont fait. « On en tire un bilan très positif », rapporte Xavier Gouyou-Beauchamps, de Chirurgiens de France : « les gens qui sont venus étaient très motivés. Ce sont des personnes qui ne se rencontrent jamais. Et pour cause : il n´y a pas de culture syndicale chez les chirurgiens et rares sont les occasions de se rencontrer. On a pu échanger comme jamais on ne l´avait fait ».

Dénonçant la non application des accords signés par Philippe Douste-Blazy en août dernier, les chirurgiens se sont aussi beaucoup intéressés, au fil de la semaine, à la classification commune des actes qui comporte selon eux des erreurs en leur défaveur. Ainsi, demandent-ils, de la même façon que Jacques Domergue, président du Conseil national de la chirurgie et député UMP de l´Hérault, à ce qu´un moratoire sur la CCAM soit mis en place pour les chirurgiens, jusqu´à ce que les modalités soient jugées satisfaisantes par tous. « Certaines spécialités, comme les radiologues, bénéficient d´un moratoire. Pourquoi pas nous ? », demande Xavier Gouyou-Beauchamps. Selon lui, « le point de charge* des chirurgiens est un des plus bas. Les gastro-entérologues ont un point de charge supérieur au nôtre, sans qu´il y ait de raison à cela ».

Sûrs de leur argumentation, les chirurgiens doivent présenter dans les jours à venir une comparaison des actes qu´ils ont effectués ces dernières semaines, répertoriés en NGAP et en CCAM, de façon à montrer que contrairement à ce que les signataires de la convention continuent d´affirmer, la classification commune des actes ne leur permet pas de voir leur travail revalorisé. Et Xavier Gouyou-Beauchamps d´ironiser : « la NGAP est une vieille guimbarde un peu bricolée mais qui tourne encore. La CCAM est une Ferrari mais avec un mauvais moteur. Quand vous ouvrez la porte, elle vous reste dans les mains ».

* Dans la CCAM, les actes sont classés en fonction de deux composantes : le point travail et le point de charges.
Article paru le :
- 16/05/2005 : Les chirurgiens s’organisent en syndicat
- 10/05/2005 : Les chirurgiens sont partis
- 10/05/2005 : Un club de la chirurgie ouvre ses portes
- 09/05/2005 : Chirurgie : la semaine décisive
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