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L'exil des chirurgiens français en Angleterre tourne court

13/05/2005



PARIS (Reuters) - L'exil symbolique de quatre jours en Angleterre des chirurgiens libéraux français a tourné court, plus de la moitié des 330 exilés partis mardi ayant regagné la France dès jeudi soir, soit un jour plus tôt que prévu.

"On avait un doute sur la possibilité de faire revenir tout le monde vendredi en raison de problèmes d'affrètement, alors 180 sont partis jeudi soir", a expliqué à Reuters Dr Philippe Cuq, président des Chirurgiens de France.

"Les 150 autres sont revenus vendredi matin", a-t-il ajouté.

A l'appel de "Chirurgiens de France", 2.500 chirurgiens ont observé de lundi à vendredi "une grève du bistouri" dans l'Hexagone, exigeant du gouvernement qu'il tienne les engagements pris il y a huit mois sur une revalorisation des honoraires et une réduction des primes d'assurance.

"L'objectif de cet exil et de la grève était de mettre la pression sur le gouvernement à quelques jours d'une rencontre, le 23 mai, entre l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) et les syndicats sur la convention des nouvelles tarifications des actes", a expliqué Philippe Cuq.

"Si le gouvernement ne répond pas à nos revendications, nous organiserons d'autres actions", a-t-il dit.

Jeudi, le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a assuré que "l'accord conclu au mois d'août 2004 sera appliqué". Il s'est déclaré "un peu surpris" par la destination choisie par les chirurgiens, considérant que "le modèle assuré par la France en matière d'assurance-maladie (...) est de très bonne qualité".

Seuls 330 chirurgiens sur le millier prévu initialement ont réellement effectué le voyage en Angleterre, à Camber Sands, à 120 kilomètres au sud de Londres, dans un modeste village vacances en préfabriqué.

"Beaucoup de chirurgiens avaient été réquisitionnés", a expliqué Philippe Cuq, qui impute cette faible participation à un "manque de temps pour organiser l'opération".

"On a eu un mois pour tout organiser. C'était une épreuve de force", a-t-il poursuivi, jugeant toutefois "positive" l'opération, car "elle a permis aux chirurgiens de se retrouver entre eux et de discuter de leurs problèmes".

"Il y a eu beaucoup de rencontres. On est très satisfait de notre travail et de la mobilisation dans toute la France", a-t-il ajouté.

"La mobilisation va se poursuivre", a-t-il prévenu, prévoyant un premier rendez-vous dès samedi avec des chirurgiens en vue de créer le premier syndicat du secteur en France.

Il s'agit de réaliser une "fusion" avec le syndicat "Union des chirurgiens de France" dont les statuts doivent être modifiés en vue de la naissance du syndicat, a expliqué Philippe Cuq.

La nouvelle entité devrait rassembler entre 3.000 et 4.000 chirurgiens, a-t-il dit.