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Mardi 10 Mai 2005
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Les chirurgiens sont partis
Sandra Boutin

Les chirurgiens libéraux étaient 800 à avoir réservé leur place dans l´Eurostar spécialement affrété pour eux ce mardi matin. Néanmoins, selon la SNCF, seule la moitié d´entre eux serait effectivement montée dans le train. Qu´importe, considèrent les organisateurs, le principal étant que 2.500 praticiens ont stoppé leur activité depuis lundi matin, clouant le bec à ceux qui pensaient que les chirurgiens ne sauraient pas se mobiliser une seconde fois.

« Regardez, la majorité des chirurgiens ont les tempes grises », s´emporte un candidat à l´exil. « Notre métier n´intéresse plus les jeunes. Les actes n´ont pas été revalorisés depuis quinze ans, on croule sous les charges. Aujourd´hui, travailler nous coûte de l´argent. C´est pour ces raisons qu´il est important de participer à ce voyage en Angleterre ».

Pendant quatre jours, les participants travailleront à la constitution de leur syndicat, l´UCDF (Union des chirurgiens de France), lequel devrait tendre à faire évoluer l´image de la profession, jusqu´ici souvent considérée comme individualiste. En outre, les chirurgiens en exil travailleront sur la V2 de la CCAM, laquelle doit corriger la classification commune des actes techniques en vigueur depuis la fin du mois de mars. Cette version numéro 2 devrait être annoncée d´ici la fin de ce mois de mai, après quoi il sera beaucoup plus difficile de revenir sur les codages. Le collectif des Chirurgiens de France entend donc influer autant que possible sur les actes qui les concernent et proposera donc des corrections dans les jours qui viennent.

Et puis, surtout, le collectif veut que le gouvernement tienne ses promesses : « on veut l´application des accords d´août 2004.On ne fait pas de surenchère, il faut simplement que le gouvernement fasse ce qu´il dit », plaide Philippe Cuq, porte-parole du mouvement et sans doute futur président du syndicat en formation. Et Xavier Gouyou-Beauchamps d´ironiser : « on a signé les accords avec Philippe Douste-Blazy. On préfèrerait donc que cette affaire soit réglée avant qu´il ne quitte ce ministère ».

Jean Marty, gynécologue et élu de l´URML Midi-Pyrénées, est également du voyage. Selon lui, à partir du moment où « la chirurgie ne supporte pas la médiocrité », où « les gens s´attendent à avoir le mieux et ne veulent pas d´une chirurgie à deux vitesses », l´absence de revalorisation des praticiens et la non application des accords passés est incompréhensible et ne souffre aucune excuse. Pour lui, « on ne peut pas faire de bricolage en chirurgie » et c´est pourtant vers cela que la profession pourrait tendre si ces fameux accords ne devaient pas être appliqués. Selon lui, après la signature des accords du 24 août 2004, Philippe Douste-Blazy se serait fait taper sur les doigts par Jean-Pierre Raffarin et Jacques Chirac qui ne voulaient pas de cet accord. Ce serait la raison pour laquelle les chirurgiens seraient toujours en attente de son application. Quoi qu´il en soit, fustige-t-il, aujourd´hui « la sécurité sociale ne sait pas adapter le prix au coût » et c´est là que réside l´essence même du conflit.

Dans quatre jours, les chirurgiens reviendront en France et, préviennent-ils déjà, sauf à ce que Philippe Douste-Blazy ait une réponse claire à leur apporter, de nouvelles actions seront organisées durant l´été. « Voilà à quoi nous sommes réduits pour nous faire entendre, déplore le Dr. Marty, faire les guignols ».
Article paru le :
- 16/05/2005 : Les chirurgiens s’organisent en syndicat
- 16/05/2005 : Les chirurgiens demandent un moratoire sur la CCAM
- 09/05/2005 : Chirurgie : la semaine décisive
- 27/04/2005 : Exil en Grande-Bretagne : les gynécologues aussi !
- 26/04/2005 : Exil des chirurgiens : l’ultimatum se rapproche
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- Envoyé par : PDB le 11/05/2005 :
Bon vent !

- Envoyé par : Toubib 53 le 10/05/2005 :
vous attendiez vous à autre chose de la part de ce "gouvernement"?