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mardi 10 mai 2005, 17h52
Les chirurgiens en colère traversent la Manche
PARIS (AP) - Plusieurs centaines de chirurgiens libéraux ont quitté Paris mardi matin pour un "exil" symbolique de quatre jours dans le sud de l'Angleterre, un mouvement de protestation pour exiger le respect d'un accord signé l'été dernier avec le gouvernement et portant notamment sur des revalorisations d'honoraires.
Les chirurgiens, au nombre de 500 à 600, se sont retrouvés vers 9h mardi matin à la gare du Nord avant de prendre, à 9h43, un Eurostar spécialement réservé par leur collectif. Leur retour est prévu vendredi soir.
Le secrétaire d'Etat à l'Assurance maladie, Xavier Bertrand, a tenu à garantir mardi que "tous les points de cet accord seront respectés en temps et en heure", notant qu'il a proposé "pour la fin du mois de mai une évaluation contradictoire pour que l'assurance maladie et les chirurgiens parlent d'une seule et même voix".
"S'il y a des erreurs, nous les corrigerons parce que les chirurgiens ont besoin d'avoir cette garantie et cette lisibilité", a-t-il déclaré sur France-Info.
Le collectif "Chirurgiens de France", à l'origine de cette action, avait déjà menacé d'organiser une opération similaire à Londres l'été dernier.
Le départ avait finalement été annulé après la signature d'un "Plan de sauvetage de la chirurgie" avec le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy le 24 août 2004, prévoyant des revalorisations d'honoraires de 12% à 25% selon les spécialités des praticiens.
Le collectif estime aujourd'hui que cet accord n'a pas été respecté et a d'ailleurs intitulé son action "Opération deuxième Manche".
"Si nous n'obtenons pas l'application des accords signés, nous mènerons d'autres formes d'actions", a averti mardi matin Xavier Gouyou-Beauchamps, l'un des porte-parole du collectif. "On réclame l'application d'un accord qu'on a déjà signé depuis huit mois et on a l'impression d'être les seuls à trouver ça normal", a-t-il ajouté.
"Nos conditions d'exercice se sont largement dégradées. La revalorisation de la chirurgie n'a pas été faite depuis longtemps alors que les tarifs d'assurance ne cesse d'augmenter", expliquait également Azza Aglan, chirurgienne-gynécologue en partance pour l'Angleterre.
Selon elle, "nos préoccupations quotidiennes aujourd'hui, c'est comment régler l'URSSAF, les charges, etc, alors que 23 euros la consultation, c'est le prix d'une coupe de cheveux pour enfant".
Le collectif affirme qu'outre ce départ pour la Grande-Bretagne, 2.500 à 3.000 chirurgiens libéraux ont cessé leur activité depuis lundi matin dans le cadre de cette opération de protestation.
Il invite par ailleurs les protestataires à adresser leurs bistouris au ministère de la Santé à Paris. AP