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mardi 10 mai 2005, 13h43
Plusieurs centaines de chirurgiens français "s'exilent" en Angleterre



PARIS (AFP) - Plusieurs centaines de chirurgiens ont pris le train mardi à Paris à destination de l'Angleterre pour un "exil symbolique" de quatre jours destiné à dénoncer le non respect par le gouvernement de ses engagements, à leur endroit.

Quelque 800 praticiens s'étaient inscrits pour cette opération, mais le nombre des participants était "légèrement inférieur", selon Xavier Gouyou-Beauchamp, un porte-parole du collectif Chirurgiens de France. Selon lui, "un certain nombre de chirurgiens ont été réquisitionnés alors qu'il est vrai, le mois de mai est traditionnellement un mois de forte activité en chirurgie".

D'après la SNCF, quelque 400 personnes ont pris place à bord de l'Eurostar spécial entièrement loué par les manifestants.

M. Gouyou-Beauchamp s'est plaint de ce que la profession, "qui demande juste l'application des accords de l'été 2004, n'ait toujours aucune nouvelle du ministère".

Les chirurgiens se plaignent notamment du montant de leurs primes d'assurance, "multiplié par dix en dix ans", et de l'insuffisance de leur rémunération pendant les astreintes.

"Le problème, "c'est qu'on a un ministre de la Santé sur le départ, qui fait tout pour gagner du temps et que son successeur hérite du problème après le référendum", a affirmé M. Gouyou-Beauchamp. "Si ça continue il y aura un "après exil, d'autres actions durant l'été", a-t-il ajouté.

Les chirurgiens libéraux en partance doivent effectuer un "exil symbolique" à Camber Sands (120 km au sud de Londres). Costumes civils, ni slogan, ni pancarte, les manifestants ont pris place à bord de l'Eurostar comme des passagers ordinaires.

Dès lundi, quelque 2.500 praticiens avaient déposé leurs bistouris entamant ainsi l'opération "La France sans chirurgiens".

Certains ont également envoyé "symboliquement leur outil de travail, leur bistouri, au ministre de la Santé", ainsi qu'une courte lettre dans laquelle ils demandent à Philippe Douste-Blazy de "respecter les accords signés pour sauver la chirurgie française".

Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a assuré sur France Inter que "le gouvernement tiendrait ses engagements", aussi bien en ce qui concerne les rémunérations que les problèmes d'assurance.