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09/05/2005 Les points litigieux ou en suspens de l'accord du 24 août
Outre certains retards, les modalités d'application de l'accord
chirurgiens de l'été dernier sèment aujourd'hui la discorde,
d'autant que le texte lui-même est un chef d'œuvre d'ambiguïté
sur certains points.
CHIRURGIENS DE FRANCE (CdF) considèrent que plusieurs mesures clés
de l'accord du 24 août 2004 restent lettre morte.
Le texte garantissait « la revalorisation des actes chirurgicaux de 25
% au 1er avril 2005, compte tenu de la mise en place de la Ccam [Classification
commune des actes médicaux technique, ndlr] et des forfaits modulables
» (au profit de certaines spécialités). Après le
lancement de la Ccam le 31 mars, les CDF jugent que le compte n'y est pas. Tout
d'abord, la nouvelle nomenclature recèle selon eux de nombreuses «
erreurs de transcodages », que doit corriger la Ccam-version 2 (V2), récemment
reportée du 25 mai au 30 juin. En outre, les hausses de tarifs opposables
induites par la Ccam sont moindres pour les chirurgiens de secteur II par rapport
à celles du secteur I. Or, rappelle le Pr Jacques Domergue, président
du Conseil national de la chirurgie, « 80 % des chirurgiens libéraux
exercent en secteur II, si bien que l'insatisfaction persiste ». D'autant
que, selon les zones d'installation ou les types d'acte (cas d'urgence, patients
en CMU), les dépassements d'honoraires en secteur II sont parfois limités
ou nuls.
Les syndicats Csmf et SML assurent au contraire que la revalorisation prévue
est effective et que la Ccam a été conçue pour être
adaptée et évoluer sans cesse. « Les chirurgiens auront
ce qu'on leur a promis », affirme le Dr Roger Rua, du SML. A la Csmf,
le Dr Christian Espagno fait valoir qu'« on ne pouvait pas appliquer les
mêmes tarifs aux secteurs I et II », dès lors que l'accord
visait expressément à « combler le différentiel de
rémunération entre les chirurgiens des deux secteurs ».
• Permanence des soins
La reconnaissance financière de la mission de permanence des soins (PDS)
chirurgicaux devait entrer en vigueur au 1er octobre sous la forme d'un «
forfait d'astreinte de 150 euros » pour les nuits, week-end et jours fériés
des chirurgiens et anesthésistes libéraux exerçant «
dans les services d'urgences et établissements privés associés
ou relais ». Un arrêté ministériel, publié
le 1er décembre 2004, a institué des contrats pour cette PDS,
mais l'assurance-maladie prévoit de ne pas rémunérer plus
de deux chirurgiens d'astreinte par centre d'urgences, au grand dam de CdF et
de la Csmf qui dénonce une « méconnaissance de la réalité
du terrain ».
• Primes d'assurance
Le ministre de la Santé n'a finalement pas obtenu de la Fédération
française des sociétés d'assurance (Ffsa) « la stabilisation
des primes » attendue. La hausse des primes RCP des spécialités
à risque se poursuit et certains assureurs résilient même
des contrats. Quant aux aides créées par la loi sur la réforme
de l'assurance-maladie, dans le cadre de la procédure d'accréditation
des praticiens exerçant en établissement, elles n'ont pas encore
été mises en place
• L'épineux « point 9 »
Last but not least, le neuvième et ultime point de l'accord du 24 août
engageait les signataires « à mettre fin, au plus tard le 30 juin
2005 et toutes spécialités confondues, à la problématique
(des anciens chefs de clinique-assistants ou Acca) qui ne peuvent actuellement
disposer d'un choix de secteur d'exercice en leur rendant ce choix ».
Tandis que l'échéance approche, le point 9, qui concernerait «
4 000 spécialistes Acca, dont 600 à 900 chirurgiens » selon
le ministère, donne lieu plus que jamais à diverses interprétations.
Aux yeux de CdF et des syndicats FMF et Uccsf-Alliance, le ministre de la Santé
aurait ainsi accepté de donner le feu vert aux Acca bloqués en
secteur I pour passer au secteur II à honoraires libres à compter
du 30 juin. La Csmf et le SML parlent plutôt de choix entre le secteur
I et un nouveau « secteur optionnel » (prévu en préambule
de l'accord), ou bien, si et seulement si ce dernier n'est pas créé
dans le délai fixé, le secteur II. « Jean-Marie Spaeth [à
l'époque président de la Caisse nationale d'assurance-maladie,
ndlr] avait dit clairement que le point 9 n'ouvrait pas le secteur II »,
souligne le Dr Espagno.
Dans l'entourage du secrétaire d'Etat à l'Assurance-maladie, Xavier
Bertrand, on ne cache d'ailleurs pas qu'actuellement « la piste privilégiée
» est celle de la création d'un secteur optionnel « potentiellement
attractif pour les chirurgiens des deux secteurs ». On explique au ministère
que ce secteur optionnel, en autorisant « des dépassements d'honoraires
sous certaines conditions », aurait l'avantage de « faire disparaître
la différence de traitement entre les deux secteurs ».
> A. B.