| Sandra Boutin |
Cette fois-ci, rien ne les
arrêtera. Depuis l´annonce par le collectif des Chirurgiens de
France d´un nouvel appel à l´exil, la fermeté est de rigueur :
dans le discours des praticiens, on entend bien la volonté de
ne pas se laisser endormir par des promesses. L´an passé, leur
élan symbolique s´était trouvé anéanti par l´accord signé avec
le ministre de la Santé le 24 août, lequel, dénoncent-ils, n´a
toujours pas été appliqué. C´est la raison pour laquelle ils
ont appelé la profession à cesser toute activité cette semaine
et à partir pour quatre jours, à Camber Sands, en Angleterre.
Selon le collectif, pas moins de 2.500 chirurgiens ont
d´ores et déjà arrêté leur activité ce lundi matin et 800
devraient prendre le train mardi matin. Là, ils participeront
à des réunions de travail consacrées notamment à la
classification commune des actes médicaux. Il sera aussi
question de la mise en route d´un syndicat de chirurgiens à
proprement parler, l´UCDF (Union des chirurgiens de France),
en préparation depuis plusieurs mois (lire dans notre édition du 8
février).
Interrogé par nos confrères de France
Inter, Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement, a
ce lundi indiqué que « le gouvernement tiendrait ses
engagements », que les accords d´août dernier « seront
bel et bien appliqués ». Oui, mais quand monsieur le
ministre ? N´ayant pas de réponse à cette question, et se
sentant « trahis », les chirurgiens prennent donc le
large, soutenus dans leur action par la Fédération de
l´hospitalisation privée (FHP) ainsi que par la Fédération des
médecins de France (FMF).
De son côté, l´INPH
(Intersyndicat national des praticiens hospitaliers) annonce
l´ouverture, ce mardi également, du Club Chirurgie INPH,
l´intersyndicale comportant « en son sein une forte
composante chirurgicale ». Le concept : « fédérer les
énergies de tous les chirurgiens des hôpitaux », car,
considèrent ses initiateurs - Jean-Michel Badet, président du
syndicat national des PH de CHU (SNPH-CHU), Alain Jacob,
président du syndicat national des hôpitaux généraux (SNHG) et
Jamil Amhis, président de la Fédération des praticiens de
santé (FPS) - « ce n´est pas dans l´exil que se trouvent
les solutions, mais dans le débat constructif sur place
».
Image Chirurgiens de France
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