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lundi 9 mai 2005, 10h13
"Trahis" par le gouvernement, des chirurgiens français s'exilent
en Angleterre
PARIS (AFP) - Entre 800 et 1.000 chirurgiens libéraux, qui s'estiment "trahis" par le gouvernement avec lequel ils avaient signé un accord en août 2004, resté selon eux "inappliqué", ont prévu d'entamer mardi un "exil symbolique" de quatre jours dans le sud de l'Angleterre.
A l'appel du collectif Chirurgiens de France, les praticiens libéraux doivent se retrouver, mardi à 08H45 gare du Nord, pour gagner Camber Sands (120 km au sud de Londres).
Outre le montant, "multiplié par dix en dix ans", des primes d'assurance en responsabilité civile professionnelle (RCP), et la rémunération des astreintes pour les nuits, week-end et jours fériés, les praticiens s'alarment de "la crise de vocations" qui frappe la chirurgie française.
Chirurgiens de France avait annulé une première opération "La France sans chirurgiens" après la conclusion, le 24 août 2004, d'un accord doté d'une enveloppe de 52 millions d'euros entre le ministre de la Santé et les représentants de la profession sur les tarifs et le montant des primes d'assurance.
"Malheureusement, cet accord n'a jamais été appliqué, les chirurgiens se sentent trahis et ils sont déterminés à le montrer", fait valoir le porte-parole de Chirurgiens de France, le Pr Philippe Cuq, à l'AFP.
La mobilisation de ces praticiens devrait commencer dès lundi. "De 2.500 à 3.000 confrères sont prêts à cesser leur activité lundi, avant même le départ pour l'Angleterre", prévient le Pr Cuq.
En Angleterre, les chirurgiens participeront, jusqu'au vendredi 13 mai, à "des réunions de travail" consacrées notamment à la mise en place de la nouvelle classification commune des actes médicaux (CCAM, nouvelle grille tarifaire). Ils devraient également jeter les bases d'un syndicat de chirurgiens.
Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, était parvenu, au coeur de l'été 2004, à désamorcer la première opération "La France sans chirurgiens", qui aurait donné une image désastreuse peu après le vote de la réforme de l'assurance maladie.
Ulcérés par "les promesses non tenues du ministre-médecin", les chirurgiens libéraux se montrent volontiers ironiques à l'égard de M. Douste-Blazy qui appelait en août 2004, rappelle le Pr Cuq, à "sauver la chirurgie française".
"Huit mois après leur signature par le ministre de la Santé, les caisses d'assurance maladie et les syndicats médicaux, ces accords ne sont toujours pas appliqués", déplore le Pr Cuq.
"Nous n'avons aucune nouvelle du ministère de la Santé, c'est +silence-radio+", regrette le porte-parole de Chirurgiens de France, lequel a notamment reçu le soutien de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) et de la Fédération des médecins de France (FMF).
Le secrétaire d'Etat à l'Assurance maladie, Xavier Bertrand, avait annoncé en mars une réunion avant le 15 avril du Conseil national de la chirurgie afin de "pouvoir faire de manière objective, transversale et sereine, le bilan de l'application du protocole".
"Cette réunion a eu lieu. Le Conseil, dont je suis membre, a considéré que l'accord signé en août 2004 n'est pas appliqué", a expliqué le Pr Cuq.
Une affirmation contestée par le secrétariat d'Etat à l'Assurance maladie, qui a indiqué à l'AFP qu'"une évaluation est en cours, notamment sur les aspects tarifaires" et "qu'une évaluation contradictoire aura lieu fin mai ou début juin".