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Les chirurgiens de France souhaitent
un prompt rétablissement au
premier ministre
M. Jean Pierre RAFFARIN.

En présence de calculs mal tolérés dans la vésicule biliaire, la technique chirurgicale classique utilise l'ouverture large de l'abdomen (laparotomie) pour en pratiquer l'ablation. C'est toute la vésicule qui est retirée. La coeliscopie permet de faire le même geste à l'intérieur de l'abdomen, en passant des instruments miniaturisés par de toutes petites incisions à travers la paroi abdominale, en en contrôlant l'action sur un écran vidéo. Une fois que toutes les attaches de la vésicule ont été sectionnées, l'incision la plus longue est calculée au plus juste pour lui faire traverser la paroi abdominale.
Cette technique est une invention de chirurgiens libéraux français de la région lyonnaise des années 80 qui ont joué un rôle de pionniers pour une technique maintenant mondialement utilisée.
La technique coelioscopique, pour l'ablation de la vésicule ou pour bien d'autres gestes :
La coeliochirurgie a longtemps été ignorée de l'ancienne nomenclature NGAP, qui refusait de prend en compte ces impératifs, qui ont nécessairement un impact financier.
Cela a entraîné de nombreuses procédures juridiques devant les tribunaux des affaires de la sécurité sociale (TASS), généralement tranchées en faveur des médecins, pour que l'utilisation de la technique coelio soit (un peu) mieux cotée que la technique classique. Les procédures devaient nécessairement être nombreuses, car pour les décisions de TASS il n'y a pas de jurisprudence nationale : jugée favorablement à Lyon, une cotation peut être contestée à Périgueux. Une fois jugée favorablement à Périgueux, elle peut être contestée à Strasbourg...
L'assurance-maladie a donc contesté et contesté encore des cotations dont la régularité était déjà admise par plusieurs TASS. A la différence des chirurgiens, l'assurance-maladie a tout son temps pour cela, et ses agents ne payent pas de leur poche les avocats.
Ce phénomène, qui ne concerne pas d'ailleurs que la coelio-chirurgie, explique qu'une même intervention puisse être cotée de façon différente selon les régions de France. Lors du passage récent à la nouvelle nomenclature (CCAM) l'assurance-maladie a systématiquement utilisé la cotation la moins élevée, en ignorant les décisions de bon nombre de TASS. Ceci explique en partie l'impact négatif de la CCAM sur la valeur remboursable de bon nombre d'actes chirurgicaux, l'assurance-maladie annonçant triomphalement une augmentation sur un tarif... qui ne correspond depuis longtemps à la réalité des pratiques de cotation chirurgicale.
Voici deux articles sur la ccam et son impact sur les interventions de coeliochirurgie écrits par deux de ces pionniers de la chirurgie endoscopie digestive : Edmond ESTOUR et Jacques SOUFRON, qui dirigent la revue française de coeliochirurgie.
Ceci explique, en partie, la révolte actuelle des chirurgiens libéraux et l'opération "deuxième manche.
Xavier GOUYOU BEAUCHAMPS