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Mercredi 4 Mai 2005


La réforme Douste-Blazy : de la poudre aux yeux ?
Sandra Boutin


Plus les mois passent, plus les critiques fusent de façon quasi-naturelle, sans qu´aucun des deux ministres porteurs de la réforme de l´assurance maladie – Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand – ne traitent plus de Cassandre les oiseaux de mauvais augure qui, comme un journaliste téméraire en décembre dernier, s´étonnent de la lenteur de la mise en route de la réforme. Les questionnements semblent aujourd´hui passer presque inaperçus, tel ce papier écrit par deux membres de l´iFRAP (institut Français pour la Recherche sur les Administrations Publiques) paru en début de semaine dans les pages du Figaro. Les deux auteurs - Agnès Verdier et Philippe François -, rappellent que si les nouveaux prélèvements instaurés par la réforme d´août 2004 sont d´ores et déjà en place - le forfait de un euro, la hausse du forfait hospitalier,… - « aucune des réformes dites « de fond » n´est encore appliquée », à savoir le dispositif du médecin traitant ou le dossier médical personnel. Les formulaires de médecin traitant peinent d´ailleurs à parvenir aux caisses d´assurance maladie puisque, s´il est entendu que le dispositif du médecin traitant sera appliqué à partir du mois de juillet, « seuls » 8,5 millions de formulaires auraient été recensés par la CNAM au 28 avril dernier.

Cela n´empêche pas le ministre de la Santé, ironisent Agnès Verdier et Philippe François, de se féliciter de la modération des dépenses alors que, disent-ils, « objectivement, si les incantations suffisaient à changer les comportements, cela se saurait ». Ainsi, si le déficit des caisses est passé de 13,2 milliards d´euros en septembre dernier à 11,6 milliards en décembre, cela s´explique tout bonnement par des rentrées d´argent ainsi énumérées : « 300 millions d´euros de rentrées de CSG supplémentaire, 400 millions d´euros de cotisations sociales, 100 millions d´euros d´amélioration de gestion de la Cnam, 130 millions d´euros transférés d´urgence à la Cades. Soit une augmentation des recettes de 930 millions d´euros n´ayant rien à devoir avec la réforme en cours ».

Mais les deux auteurs s´inquiètent surtout de la possibilité que le soufflé ne retombe. En effet, soulignent-ils, « sur un demi-siècle, chacune des 17 réformes s´est traduite dès son annonce par une baisse limitée des dépenses pendant 6 mois et par une explosion des dépenses après un an ». Et de conclure que quatre défis majeurs n´ont même pas été réglés : l´égalité des soins, la qualité des soins, la prévention et l´ouverture à la diversité des pratiques médicales.