Accueil " Chirurgiens de France."

Voir aussi : Chirurgiens de France, Les syndicats signataires, les astreintes pour la CNAM.
CHIRURGIENS LIBERAUX: REACTION de JACQUES DOMERGUE
Le Dr Jacques Domergue : réglons d'abord le problème des revalorisations
Le Pr Jacques Domergue, président du Conseil national de la chirurgie,
a été chargé par le ministère de la Santé
de dresser un premier bilan d'application de l'accord du 26 août censé
résoudre la crise de la chirurgie libérale. Le député
UMP de l'Hérault doit réunir l'ensemble des acteurs de la profession
avant le 15 avril.
LE QUOTIDIEN - Les chirurgiens libéraux sont de nouveau prêts à
entamer un mouvement d'exil en mai. Ils estiment qu'un seul des neuf points
de l'accord du 24 août est respecté. Comprenez-vous leur colère
?
Pr JACQUES DOMERGUE - Les uns et les autres, nous n'avons cessé depuis
plusieurs mois de mettre en garde les deux ministres du caractère explosif
de la situation des chirurgiens. Celle-ci risque en effet d'être pire
avec l'entrée en vigueur de la Ccam que sous l'ancien système.
Théoriquement, la chirurgie devait être revalorisée de 25
% avec une hausse de 12,5 % de leurs actes le 1er octobre - ce qui a été
fait - et de 12,5 % au 1er avril.
La mise en place de la classification des actes médicaux (Ccam) devait
être l'aboutissement d'un travail de huit ans souhaité par tous
les chirurgiens français, la nomenclature générale des
actes professionnels (Ngap) étant devenue obsolète. On a voulu
par cette réforme que personne ne perde et le résultat c'est que
personne ne gagne. C'est notamment le cas de la chirurgie qui ne serait revalorisée,
par la Ccam, au mieux que de 6 à 8 %. Ce qui ne satisfait pas les chirurgiens.
On a l'impression que, malgré ce travail de huit ans, tout part à
vau-l'eau.
Le ministre de la Santé vous a justement demandé d'évaluer
l'état d'avancement de l'accord du 24 août dernier. Cet accord
tient-il toujours ?
Il tient toujours à condition qu'il soit respecté. Depuis sa signature,
on a vu apparaître, notamment sur le point du financement, un système
du transcodage (ndlr : correspondance entre la Ngap et la Ccam) qui va dans
la mauvaise direction. En voulant faire plaisir à tout le monde, on ne
fait plaisir à personne. Le ministère m'a demandé de monter
un groupe de réflexion pour assurer le suivi de l'accord d'août
dernier. Je pense que le Conseil national de chirurgie doit jouer ce rôle.
Son objectif était initialement de réfléchir à ce
que sera la chirurgie de demain. Nous présenterons d'ailleurs nos propositions
au plus tard à la mi-avril au ministre de la Santé pour améliorer
l'offre de soins en chirurgie, la formation chirurgicale, le financement des
chirurgiens... Nous allons maintenant nous pencher très vite sur les
suites de l'accord du 24 août.
Comment régler au plus vite cette nouvelle crise ?
Le ministère doit s'engager à mettre en place des mesures simples
qui soient applicables du jour au lendemain. Premièrement, il faut que
l'on maintienne la revalorisation de 12,5 % prévue dans l'accord au 1er
avril. Si ce n'est pas possible avec la Ccam, alors le forfait initial peut
être augmenté de 12,5 %, le temps que l'on règle les problèmes
techniques. Deuxièmement, il faut que l'on règle le problème
des gardes et des astreintes en respectant les engagements pris. Je pense que
ces deux mesures calmeront les esprits. Ensuite se posera le problème
des chefs de clinique et du passage en secteur II. Aujourd'hui, plus aucun jeune
ne s'installe en secteur I. Il reste pourtant près 20 % de chirurgiens
en secteur I qui ont d'énormes difficultés, car leur secteur d'exercice
n'est plus compatible avec une activité chirurgicale. La création
d'un secteur optionnel suffisamment incitatif pour que les chirurgiens des deux
secteurs aient avantage à y adhérer est prévu. Pour l'instant,
il est resté dans les tiroirs.
Le problème de la responsabilité civile professionnelle est également
loin d'être réglé. Les primes continuent d'augmenter sans
qu'aucune aide n'ait été prévue pour compenser leur surcoût.
De nouvelles compagnies d'assurances se sont engagées sur le circuit
mais elles n'apportent pas une solution définitive et pérenne.
C'est un peu du replâtrage. On attendait un moratoire sur le gel des primes,
il est passé aux oubliettes. Le problème de la RCP ne me semble
pas être le premier motif de revendication. Réglons d'abord la
revalorisation des actes en respectant les accords signés.
> PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE GATTUSO
Le Quotidien du Médecin du : 24/03/2005