SEGOLENE ROYAL A EUROPE 1.

19 heure Dimanche 5 Août

 

Extrait concernant la chirurgiens.


Jean Pierre ELKABBACH : Vous avez vu, Ségolène ROYAL, que Jean-Pierre RAFFARIN comme premier ministre, est couvert de bleus, de bosses, de plaies… il résiste et apparemment il a fait quelques réformes …

Ségolène ROYAL : Lesquelles, lesquelles ?

JPE : L'assurance-maladie, les retraites…

SR : L’assurance-maladie ? Les chirurgiens…

JPE : …il faut bien que vous renvoyiez les balles, comme au tennis…

SR : …les chirurgiens sont actuellement en grève, les chirurgiens du secteur public ! Attention ! Parce que les chirurgiens du secteur privé, des cliniques privées, vous ne les entendez pas protester…

JPE : Non, non, ils ont protesté ! Ils ne sont pas allés à Londres, ils ont eu ce qu'ils voulaient…


SR : Lorsqu’un chirurgien traverse la rue à l'hôpital de Niort, dans ma région, pour aller à la clinique privée d'en face, son salaire est multiplié par quatre ! Voilà la politique de santé du gouvernement, voilà ! C’est ça sa politique de santé ? Sans régler d'ailleurs aucun problème du déficit de la sécurité sociale !

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Cette différence de revenus entre chirurgiens du public et chirurgiens du privé est-elle une réalité ou un fantasme ?

Souvent cité par les syndicats hospitaliers, et largement repris par les médias, à quoi correspond le chiffre de salaire de 45 000 € annuels pour les chirurgiens hospitaliers ?

On trouvera ci-dessous la grille des salaires des praticiens hospitaliers pour l'année 2004. Il s'agit des chiffres bruts auxquels il faut retrancher 17% de charges.

Un praticien hospitalier premier échelon gagne de façon annuelle :

Les chirurgiens, pour la plupart anciens assistants des CHU, démarrent leur carrière à l'échelon quatre, ce qui correspond à un salaire de démarrage de :

Si le chirurgien ne fait aucune activité libérale, il perçoit en plus une indemnité compensatrice dite "d'engagement de service hospitalier exclusif" de 462,85 € par mois ce qui correspond à :

462,85 € X 12 = 5554,20 € brut, soit 4610 € net.

On voit donc que le minimum que peut gagner un chirurgien hospitalier est de : 41 220 + 4610 = 45 830 €. Mais ce salaire est théorique : il correspond à celui d'un chirurgien débutant, qui ne ferait aucune activité libérale et ne prendrait aucune garde. (Ce qui est en réalité hautement improbable, les chirurgiens débutants faisant plus de gardes que les autres)

Peut-on estimer les revenus moyens d'un chirurgien hospitalier ?

Si on considère qu'un chirurgien a terminé sa formation vers l'age de 32 ans, on peut considérer qu'il est à mi-parcours professionnel au bout de 15 ans.

Ayant démarré à l'échelon 4, après quinze ans et selon la grille, le chirurgien sera à l'échelon 11 ce qui correspond à un salaire de :

5 927,62 € X 12 = 71 131,44 € soit environ 59 000 € net, toujours hors garde, et sans activité libérale. S'y ajoute au moins l'indemnité d'engagement de service hospitalier exclusif de 4 610 € soit au total d'un minimum de : 63 610 €.

Si le chirurgien à une part d'activité libérale, il ne perçoit pas bien sûr l'indemnité compensatrice, mais par contre les revenus de son activité libérale s'ajoutent à ses revenus de salarié. S'y ajoutent aussi quasi systématiquement le revenu des gardes ou astreintes, ceci faisant partie intégrante du métier de chirurgien.

Au total, on obtient une moyenne tout à fait comparable à celle des chirurgiens libéraux, dont on trouvera les revenus ci-dessous. S'y ajoutent un certain nombre d'avantages moins quantifiables : pas de soucis de gestion, un établissement plus pérenne, une prise en charge de la formation continue, une couverture sociale et une retraite de bien meilleure qualité.

La question était : En traversant la rue séparant l'hôpital de la clinique, le chirurgien hospitalier de Niort va t-il multiplier ses revenus par 4 ?

Les chiffres montrent que cela relève du pur fantasme. Les chirurgiens secteur 1 étant nombreux à la polyclinique INKERMANN de Niort, notre chirurgien hospitalier pourrait même voir ses revenus baisser.

Par contre, il est très important de noter qu'à échelon égal, il n'y a pas de différence de salaire entre praticiens hospitaliers de différentes disciplines médicales ou chirurgicales malgré des charges de travail souvent très diverses. En particulier la charge de travail de nuit et de week-end est très différente d'une spécialité à l'autre, entre une astreinte tous les deux jours (en chirurgie dans les petits hôpitaux) et pas d'astreinte du tout.

C'est plutôt là qu'il faut chercher la cause réelle du malaise des chirurgiens hospitaliers.

Voici les revenus nets moyens des chirurgiens libéraux, d'après les chiffres de la CARMF de 2001 :

  S 1   S2  
Chirurgie viscérale et digestive 56 103   92 881  
Chirurgie générale 65 071   112 090  
Chirurgie infantile 25 917   31 987  
Chirurgie maxillo-faciale   81 251  
Chirurgie maxillo-faciale & stomatologie 90 594   87 534  
Chirurgie orthopédique traumatologie 69 281   116 084  
Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique 86 901   117 780  
Chirurgie thoracique et cardio-vasculaire 55 354   84 579  
Chirurgie urologique 79 389   104 714  
Chirurgie vasculaire 77 171   84 612  

On voit qu'en chirurgie générale, le revenu net moyen des chirurgiens libéraux de secteur un était en 2001 de 65 071 €. Il n'est pas possible pour la CARMF de distinguer les libéraux purs des praticiens à activité mixte (privé/public) ce qui a pour effet de minorer les chiffres.

Il faut noter que les gardes et astreintes ne sont pas jusqu'à maintenant rémunérées. Les chirurgiens libéraux assurent une permanence des soins dans leurs établissements. Le paiement s'effectue à l'acte ( 23 €. pour une consultation) avec éventuellement une majoration de nuit (26€) ou de dimanche ou férié (20€).

Les chirurgiens de secteur 1 sont tenus d'appliquer les tarifs de la sécurité sociale et n'ont pas droit aux dépassements. Le tarif des interventions n'ayant pas été augmenté depuis 1990, et celui des consultations depuis 1995, si le revenu net moyen des chirurgiens libéraux de secteur un avait augmenté depuis 2001 ce ne pourrait être qu'au prix d'un surcroît de travail.