L'assurance-maladie défend Ameli-direct sur APM et dévoile ses projets devant l'assemblée nationale : publier des indices de qualité sur Ameli-direct. L'UCDF est résolument favorable à la transparence... mais un guide comportant des éléments d'appréciation de la qualité suppose une parfaite maîtrise des données de base : ce n'est actuellement pas le cas.
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nouvelle video de l'UCDF
en réponse à Mr ROBELET,
Contestant la fiabilité d’Ameli-direct, le site d’information de l’assurance-maladie sur l’accès aux soins, l’UCDF lui a décerné le CESAR du BUG 2010.
Interrogé par l'agence APM, le directeur de l'offre de soins à la CNAMTS, Jean-Pierre ROBELET s’est défendu. Il a déclaré : (texte intégral de la dépêche APM)
« Ameli-direct n'est pas destiné à renseigner les médecins mais les patients. »
Issu d’une structure qui n’a que trop tendance à penser qu’elle a le monopole de la défense des patients, Mr ROBELET ne peut visiblement pas imaginer que l’information des patients puisse être une préoccupation de l’UCDF.
Autre déclaration :
« Ameli-direct est conçu pour renseigner l'assuré sur les tarifs, pas pour avoir un reflet exact de l'offre de soins. »
On est en droit de se poser la question : Mr ROBELET s’est-il déjà connecté sur Ameli-direct ?
Car il suffit de se rendre sur la page d’accueil comme le ferait un patient à la recherche de renseignements et de lire :
« Il vous suffit d'indiquer le nom d’un acte et de préciser le nom de la ville ou le code postal, pour obtenir en 1 seul clic la liste des médecins qui pratiquent cet acte. »
L’UCDF le répète : ça ne marche pas.
Voici donc un 2° test puisque Mr ROBELET conteste la pertinence du premier : pour éviter toute présélection arbitraire, nous prendrons les premiers éléments des listes : Le premier item de recherche par acte dans le 1° département français.
Ablation d’une à trois tumeurs de la vessie par endoscopie dans le département de l’Ain.
Pour Ameli direct, il y a 2 praticiens pour cet acte, un urologue et un chirurgien généraliste
Prenons maintenant le 2° item :
Ablation de 4 ou plus tumeurs de vessie par endoscopie toujours dans l’Ain.
On trouve là un seul urologue. Surprise ! Il ne figurait pas dans la première liste
Surprise encore : quand on liste tous les urologues de l’Ain, on en trouve 4 dont 2 ne figuraient dans aucune des listes précédentes.
Ameli direct laisse à penser qu’il existe 3 sortes d’urologues :
- Les urologues ordinaires à 1 2 ou 3 tumeurs
- Les super-urologues à 4 tumeurs
- Les urologues manchots sans tumeur du tout
C’est absurde : l’endoscopie de la vessie, avec ou sans ablation de tumeurs, est un geste de base pour tout urologue. Aussi qotidien que faire le pain pour un boulanger.
Ameli-direct distingue donc artificiellement deux actes identiques. Et surtout oublie de citer la moitié des urologues libéraux du département.
Prenons maintenant le 3° item des actes : ablation de tumeur du gros intestin. On trouve pour cet acte, toujours dans l’Ain, 11 anesthésistes et 9 gastro-entérologues. Les anesthésistes n’enlèvent pas de tumeur, ils n’ont donc rien à faire dans cette liste. Mais… les 9 gastro-entérologues non plus !
En effet, si un patient cherche un praticien pour retirer une tumeur du gros intestin, c’est qu’il a en réalité déjà été vu par le gastro-entérologue. Celui-ci a pratiqué une coloscopie pour retirer si nécessaire les petites tumeurs, les polypes, et prélever des fragments des grosses tumeurs pour les faire analyser : c’est donc d’un chirurgien digestif dont le patient a besoin pour retirer cette grosse tumeur. Mais AMELI-direct ne propose aucun chirurgien digestif dans la liste !
A l’interrogation du patient, Ameli-direct donne donc 20 réponses, mais 20 réponses fausses. Et omet de citer les 10 chirurgiens généralistes ou viscéralistes du département.
On se demande d’ailleurs ce que peuvent bien faire de leurs journées ces chirurgiens viscéraux. Car d’après Ameli direct :
• Aucun n’opère les appendicites
• Aucun n’opère les seins
• 1 seul opère les hernies
Malgré les dénégations de Mr ROBELET, les concepteurs d’Ameli direct se sont essayés mais ont échoué à fournir aux assurés sociaux un répertoire fiable des praticiens en fonction des actes réalisés dans une région donnée.
Il semble évident que ce programme a été confié à des comptables et des informaticiens sans aucun contrôle par un œil médical : pourtant, la flèche noire de l’organigramme de la CNAMts laisse supposer un lien fonctionnel entre le contrôle médical de la CNAMts et Mr ROBELET donc Ameli-direct.
Mais peut-être ces médecins de caisse ont-ils perdu depuis trop longtemps le contact avec la réalité du terrain et ne voient pas ce qui saute aux yeux de n’importe quel praticien s’occupant de vrais patients et non de statistiques de patients : Ameli-direct ne marche pas.
Mais le plus inquiétant est à venir : car malgré cet échec et sans attendre des corrections, la CNAM envisage une tâche beaucoup plus complexe : juger et présenter la qualité de l’offre de soin.
Alors qu’elle peine à créer un simple répertoire de l’existant, c’est un véritable guide Michelin de l’offre de soin qu’elle ambitionne de lancer comme elle vient de l’annoncer devant la Mission d’Evaluation et de Contrôle des lois de financement de la Sécurité Sociale ( MECSS). ( Le texte intégral de la séance.)
Extraits de la séance
M. Frédéric van Roekeghem.
Nous souhaitons améliorer l’information des assurés sociaux sur la qualité et les coûts des soins, afin de combler le retard de la France en la matière. Nous avons déjà imposé la transparence sur les dépassements d’honoraires et les tarifs des médecins de ville, mais il nous semble nécessaire de compléter ce dispositif par la mise à la disposition des assurés des indicateurs de qualité produits par les institutions compétentes, notamment la Haute Autorité de santé et le ministère, de manière que les assurés puissent faire leurs choix en connaissance de cause. (…)
S’agissant de l’information du patient, M. Jean-Marc Aubert va vous répondre, mais il est évident qu’il faut rattraper le retard de la France en la matière. Nous proposons, dans le cadre du contrat qui doit être conclu entre l’État et l’Union nationale des caisses d’assurance maladie, de mettre à la disposition des assurés, outre les tarifs, un certain nombre d’indicateurs de qualité, par exemple par l’intermédiaire de notre site internet « ameli-direct ».
M. Jean-Marc Aubert. Les systèmes d’information de l’État et de l’Assurance maladie permettent d’ores et déjà de construire quelques indicateurs. À la fin de ce semestre, nous en diffuserons un certain nombre sur « ameli-direct », ainsi que les tarifs de l’ensemble du secteur de l’hospitalisation – comme nous avons déjà commencé à le faire pour la médecine de ville. À terme, nous pourrions même publier des taux de survie ou des suivis de cohortes de patients.
Le système est appelé à s’améliorer dans les deux ou trois prochaines années. Ce qui importe, c’est de trouver des indicateurs suffisamment synthétiques pour être compréhensibles. On pourrait également demander au patient lui-même de se prononcer sur la qualité de l’établissement, à l’instar de ce qui se fait en Angleterre. Son point de vue est en effet particulièrement important pour tout ce qui concerne le confort, l’accueil et, surtout, la compréhension de son traitement et sa capacité ou non à faire des choix – c’est d’ailleurs le premier item retenu par le National Health Service (NHS). Alors qu’il existe aujourd’hui plusieurs choix possibles pour la plupart des traitements, la décision revient plus souvent au médecin qu’au patient.
M. le coprésident Jean Mallot, rapporteur. La plupart des personnes que nous avons auditionnées nous ont dit que les systèmes d’information des établissements hospitaliers ne permettaient pas de tenir une comptabilité analytique digne de ce nom ni de comparer les activités et les tarifs, et ont contesté la fiabilité de ces outils. Pourtant vous affirmez pouvoir publier des données qui permettront à l’usager de faire des choix éclairés. N’est-ce pas contradictoire ?
L’UCDF partage, ô combien ! le trouble de Mr Jean MALLOT.
L'UCDF est résolument favorable à la transparence... Mais un guide comportant des éléments d'appréciation de la qualité suppose une parfaite maîtrise des données de base : ce n'est actuellement pas le cas.
L’information aux patients est une chose trop grave pour être laissée à des comptables.
Xavier GOUYOU BEAUCHAMPS
Secrétaire général de l'UCDF