La santé, peu présente dans le débat des présidentielles, s'y installe par le biais d'une polémique sur les honoraires. Plus exactement sur la part non remboursée des honoraires, qu'on appelle généralement dépassement, ce qui tendrait à considérer que le tarif de remboursement sécurité sociale est considéré comme le tarif normal. Le BLOC a participé largement à ce débat puisqu'il a organisé au Sénat le 6 avril un colloque sur ce thème pour expliquer pourquoi le tarif de remboursement sécurité sociale des actes chirurgicaux ne peut plus aujourd'hui pour être considéré comme un tarif "normal".
On trouvera sur cette page :
- le communiqué du BLOC publié à l'issue de ce colloque.
- une synthèse papier des communications faites au cours de ce colloque dont on trouvera l'enregistrement vidéo intégral derrière ce lien
- Deux articles de presse (France-Soir et le quotidien du médecin) qui reprennent les infos données lors du colloque.
- La une du Monde du 11 avril consacré sur cinq colonnes aux tarifs médicaux établis à partir d'une extraction de la base Améli de l'assurance-maladie
- Un article du Figaro publié le lendemain en réponse à l'article du Monde.
Pour le syndicat le BLOC, un débat sur la part non remboursés des honoraires qui ne s'interroge pas sur sa part remboursée, c'est-à-dire sur le tarif sécurité sociale n'a pas de sens. C'est pour cette raison qu'il avait organisée le colloque du 6 avril
10/04/2012 (Communiqué de presse du BLOC) Le colloque sur les dépassements d'honoraires au Sénat, en présence de Valérie Boyer pour l'UMP et de Catherine Lemorton pour le PS, a montré que les dépassements d'honoraires étaient la réponse sociologique des cadres contre la dégradation des soins !
Les soins périnataux se dégradent en périphérie francilienne par défection de praticiens, comme le montre le rapport de la Cour des Comptes publié en mars dernier. C'est l'échec du "tout hôpital" pour la naissance, plus cher et pas sûr ! Tandis que le progrès chirurgical, qui dépend d'équipements onéreux, n'est pas pris en charge par l'Assurance maladie. Seuls les dépassements d'honoraires permettent de le financer.
Le colloque a montré, par l'étude de la corrélation géographique des dépassements d'honoraires et de la densité des ménages de cadres, que les dépassements d'honoraires étaient un phénomène sociologique : les cadres, caractérisés par leur solvabilité et leur exigence en matière de qualité, trouvent dans le paiement des dépassements d'honoraires une parade personnelle à la dégradation des soins.
C'est le palliatif à l'absence de revalorisation tarifaire des actes pratiqués dans les blocs, comme l'avait dit Xavier Bertrand à l'Assemblée Nationale lors du vote du PLFS 2012. D'ailleurs, le gouvernement a bloqué la publication du rapport IGAS/IGF sur la tarification CCAM qui en aurait fait la démonstration. L'UNCAM n'a pas souhaité participer et s'expliquer.
On comprend le malaise des deux députées présentes : l'UMP n'a pas mis en application la revalorisation des tarifs pour les actes à forte sujétion comme l'avait proposé Nicolas Sarkozy. Quant au "tout hôpital" prôné par le PS, c’est un échec en périnatalité.
Il est clair qu'aux termes du colloque, les complémentaires doivent solvabiliser la population pour la protéger d'une chirurgie et d'une obstétrique à 2 vitesses ou d'un terrible nivellement par le bas auxquels la lutte contre les dépassements d'honoraires, sans traiter la cause tarifaire, ne peut qu’aboutir.
A ce propos, l'économiste Jacques Bichot a montré qu'une simplification de gestion des caisses économiserait plusieurs milliards nécessaires à la solvabilisation de la population sans recourir à des augmentations de primes. Son argumentaire a été repris le jour même du colloque dans le journal Le Figaro.
Contact presse : Emeline Barbé – 06 87 76 17 23 – emeline@eb-conseil.net
Les VIDEOS du colloque
Le débat sur les honoraires dans la presse... [...]